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Retour à la réalité (Chapitre 1 – troisième partie)

 

La Fin – troisième partie

(ça commence là)

 

– Et voila ! Un grand café à emporter pour mon client français préféré !
– Merci bien, et très bonne journée. répondit-il à la barista aux cheveux à pointes mauves qui lui fit un clin d’œil complice en retour.

Il était maintenant question de remettre le pied à l’étrier et très vite. Pas évident avec un trou de… un coup d’œil à la date sur le stand à journaux… un trou de plus de quatre mois. Sans parler de la vingtaine d’années de souvenirs qui ne serviraient plus à rien et qui mettraient trop de temps à s’estomper. Sortir du Java Lounge et rentrer chez lui étaient un bon début, en espérant ne pas avoir déménagé au cours de ces quatre mois.

Vingt minutes plus tard, il était devant le 307 NW 2nd Street. Aucune voiture inconnue n’était garée devant. La clé qui était dans sa poche ouvrit la porte sans problème. La maison était dans un état assez similaire à celui dont il se souvenait. Les choses débutaient simplement. Il ne savait pas s’il devait s’en réjouir ou voir ça comme un mauvais présage.

 

 

Sitôt entré, il sauta sous la douche pendant que l’ordinateur se mettait en route. Un jour, il faudrait qu’il se penche là-dessus. Certes, l’ordinateur était vieux, mais près de 5 minutes pour démarrer, ce n’était pas normal.

Il ouvrit l’armoire du fond et, prenant une inspiration aussi théâtrale qu’inutile, décida que les circonstances exigeaient de ressortir son vieil « uniforme » en espérant que celui-ci ne sente pas trop le renfermé. Pour la naphtaline, aucun risque, il ne s’en était jamais embarrassé.

Une émotion aussi difficile à contenir que celle que l’on éprouve quand on retrouve les vieux jouets de son enfance au fond du grenier se mit à l’envahir à l’ouverture de la valise. Ses Doc Martens avaient toujours autant besoin d’un bon coup de cirage. Son pantalon en cuir n’avait pas pris une ride. Il imaginait déjà les moqueries de certains collègues quand ils le verraient porter ça. Il n’en avait cure. S’il allait le remplacer à la première occasion venue par quelque chose de plus à propos pour l’époque, il était important que ce retour aux affaires se fasse ainsi vêtu. Pas vraiment une superstition, mais… Pfff… Bien sûr que c’était de la superstition, qui essayait-il de tromper ? Pour quelle autre raison accepterait-il de se ridiculiser avec un tel accoutrement au beau milieu des années 2000.

Quand le T-shirt apparut derrière le pantalon, ce fut comme revoir un vieil ami pour la première fois après plusieurs années. Lui non plus n’avait pas changé et il n’avait presque pas besoin d’être repassé. Il était toujours aussi blanc avec ses trois cercles concentriques bien au centre de la poitrine. Beaucoup confondaient ce symbole avec une bête cible et les rares qui reconnaissaient le symbole prenait Bond pour un mod ou un fan des Who. N’était ce pas la même chose ? Il ne le savait pas trop et s’en fichait. Et même s’il aimait bien ce groupe, ce n’était pas au point de leur faire hommage avec sa tenue vestimentaire. Ce T-Shirt, c’était comme le pantalon, un élément nécessaire à son retour à la réalité.

Sous le T-shirt, le reste de l’équipement était là lui aussi à attendre bien sagement. La première chose à faire allait être de demander au Taulier de lui fournir les accréditations nécessaires pour pouvoir embarquer tout ça légalement dans un avion.

 

Il s’installa devant l’ordinateur qui était enfin prêt à être utilisé. Il prit juste le temps de répondre à trois e-mails et de contacter ceux qui devaient l’être de toute urgence. Et à peine rentré chez lui, il quitta déjà de nouveau sa maison et Gainesville (ce qu’il ne savait pas encore, c’est qu’il n’allait jamais y retourner).

 

 

 

(à suivre)

 

Source Photo : Maison

Author(s)

Français exilé à l'autre bout du monde, DavidB écrit. Il n'écrit pas toujours très bien, mais qu'importe, le but est d'écrire. Il fait aussi d'autres trucs parfois.

MetaStructure est un de ses plus vieux projets. Débuté au début des années 2000, il fut maintes fois interrompu, repris à zéro, recommencé. Mais il ne veut pas disparaître, alors mettons-le sur le web au lieu de le laisser dans des cahiers de notes et des fichiers .doc sur des disques durs.


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